Quand on pense au « deuil », on pense spontanément à cette période qui suit la perte d’un être cher ou la fin d’une relation amoureuse.
Mais en réalité, nous vivons de nombreux « deuils » au cours de notre existence. Des petits, des grands, des visibles, des plus silencieux… et ils peuvent nous impacter et nous affecter plus ou moins fortement selon notre histoire, notre sensibilité, le lien que nous entretenions avec la personne et notre façon de vivre les événements.
Il y a le « deuil » de dire au revoir à une personne que l’on accompagne sur le quai d’une gare.
Le « deuil » d’abandonner un projet sur lequel on travaille depuis de nombreuses années.
Le « deuil » d’un rêve que l’on sait que l’on ne pourra finalement pas réaliser.
Et puis il y a celui dont je souhaite vous parler plus particulièrement dans cet article : le deuil lié à la perte d’un être cher.
J’ai mis beaucoup de temps et tout mon coeur avant de publier cet articel car je tenais à ce qu’il soit très complet.
Le deuil dont je vais vous parler est probablement l’un des deuils les plus bouleversants que nous puissions vivre.
Je vais vous parler du deuil de mon papa. Mais vous allez voir que le regard que je porte sur la manière dont je le vis peut aussi s’appliquer à d’autres formes de deuil.
Et j’aimerais, à l’image de mon papa qui était très ouvert d’esprit, vous partager comment cette traversée peut aussi nous apprendre à voir la vie autrement et à vivre le deuil différemment de tout ce que peut entendre.
Faire le deuil de son papa : mon expérience avant sa disparition
J’ai perdu, il y a quelques jours, l’un des êtres qui comptait le plus pour moi… et probablement l’un des êtres qui comptent le plus dans la construction de sa propre vie : mon papa.
Un être qui, dès notre plus tendre enfance, est normalement un modèle et un repère, que nous ayons eu ou non une bonne relation avec lui.
En 2019, le diagnostic est tombé : papa avait la maladie de Parkinson.
Puis, quelques années plus tard, mes ressentis me laissaient deviner qu’il y avait quelque chose d’autre.
Un nouveau verdict est alors tombé : il était atteint de la maladie à corps de Lewy.
Vous en avez peut-être récemment entendu parler avec la disparition de Catherine Laborde (qui nous a quitté le 28 janvier 2025) et de Nathalie Baye (qui nous a quitté tout récemment, le 17 avril 2026).
Il s’agit d’une maladie neurodégénérative dont les symptômes peuvent être nombreux et particulièrement difficiles à vivre.
C’est une maladie terrible.
Pour la personne malade, bien sûr.
Mais aussi pour les aidants et pour toute la famille.
Et malgré cette nouvelle, je me suis restée positive (le plus possible).
Car au début, certains symptômes peuvent rester relativement légers.
Puis certains arrivent comme un véritable coup de massue et l’on a parfois l’impression de tomber brutalement d’un étage.
Avec le recul, je me suis rendu compte que j’avais longtemps été dans le « déni ».
Car les symptômes étaient encore relativement minimes, en tout cas pour moi qui étais extérieure à ce corps malade.
Mais la maladie de mon papa m’a appris énormément de choses.
Elle m’a notamment appris à vivre encore davantage dans le moment présent.
À lâcher certaines attentes.
Et surtout, elle m’a amenée à travailler sur cette angoisse que je ressentais lorsque j’étais plus jeune au moment de dire « au revoir » à une personne que je ne voyais que ponctuellement.
J’avais toujours peur que ce soit la dernière fois.
Peur qu’il lui arrive quelque chose.
Peur de regretter de ne pas avoir réussi à tout lui exprimer avant son départ.
Avec les années, j’ai appris que cette peur du « au revoir » m’empêchait de profiter pleinement du moment présent et j’ai commencé à changer mon regard sur ces situations.
Et la maladie de mon papa m’a clairement appris à faire autrement.
Les 5 étapes du deuil : faut-il vraiment toutes les traverser ?
Personnellement, je n’aime pas tellement cette appellation de « deuil », d’où les guillemets que j’utiliserai parfois tout au long de cet article.
Car ce mot donne parfois l’impression qu’il s’agit d’une étape à franchir, d’un processus que nous devrions obligatoirement traverser de telle ou telle manière avant de pouvoir « aller mieux ».
Quand on commence à se renseigner sur le deuil, on découvre d’ailleurs très rapidement le fameux modèle des cinq étapes, souvent associé au travail d’Elisabeth Kübler-Ross :
- Le déni : un mécanisme de défense qui peut nous aider à faire face à une réalité trop douloureuse ou difficile à intégrer immédiatement.
- La colère : une réaction de révolte, d’injustice ou d’incompréhension face à ce qui nous arrive.
- Le marchandage : cette période où l’on peut se surprendre à penser « et si j’avais fait ceci ? », comme si nous pouvions encore modifier ce qui s’est passé.
- La dépression : une période de grande tristesse, de vide, d’impuissance ou de repli.
- L’acceptation : le moment où la réalité de la perte commence progressivement à être intégrée et où l’on réapprend à vivre avec l’absence.
J’aimerais préciser que ces étapes ne sont pas nécessairement vécues dans cet ordre et tout le monde ne les traverse pas de la même façon.
Alors, sommes-nous « bizarres » si nous avons l’impression de ne pas vivre ces étapes du deuil ?
Certaines personnes ne versent aucune larme immédiatement après la disparition d’un être cher.
D’autres vont ressentir une immense tristesse plusieurs mois plus tard.
Certaines vont alterner entre des moments de paix, de colère, de joie, de culpabilité ou de tristesse.
Alors, faut-il s’en inquiéter ?
Je ne le crois pas.
Faire son deuil : faut-il forcément ressentir toutes les émotions ?
Il me semble important de se rappeler que nous sommes tous différents.
Nous ne réagissons pas tous de la même manière à une perte, parce que nous n’avons pas tous la même histoire, le même lien avec la personne disparue, les mêmes ressources intérieures, ni la même manière d’exprimer nos émotions.
Faut-il absolument vivre toutes ces étapes du deuil ?
Pour revenir sur les 5 étapes du deuil, l’acceptation est souvent présentée comme l’une des dernières étapes du deuil qui arrive en dernière.
Et selon moi, c’est une étape des plus importantes.
Mais faut-il absolument vivre toutes ces étapes du deuil ?
Je trouve que se raccrocher à ce processus peut devenir contre-productif.
Car on peut vite se questionner en cherchant absolument à savoir dans quelle étape nous nous trouvons.
Car vous pourriez rapidement vous mettre une pression supplémentaire :
« Ah, mais je n’ai pas encore vécu cette phase ! »
« Je dois maintenant traverser celle-ci ! »
« Pourquoi est-ce que je ne ressens pas ce que je suis censé ressentir ? »
Le risque est alors de transformer le deuil en une sorte de parcours obligatoire.
Je préfère considérer ces différentes étapes comme des repères possibles.
Elles peuvent nous aider à mettre des mots sur ce que nous vivons et à prendre un peu de recul.
Mais elles ne devraient pas devenir une nouvelle source de pression.
Votre deuil vous appartient.
Votre manière de ressentir vous appartient.
Et votre rythme vous appartient également.
Comment bien vivre son deuil ?
Certaines personnes seront sûrement choquées par cette question.
Car nous associons généralement le deuil à quelque chose de douloureux, de difficile, voire d’insurmontable.
Alors comment pourrait-on « bien » vivre un deuil ?
Pourtant, je peux vous assurer que c’est possible.
Et c’est justement ce que j’aimerais partager avec vous à travers mon expérience.
Attention, je tiens toutefois à préciser que pour moi : « bien vivre » un deuil ne signifie pas ne pas être triste.
Pour moi, cela signifie plutôt apprendre à traverser cette expérience sans se perdre complètement soi-même.
Et c’est une nuance qui me permet de vivre avec plus de douceur cette période.
Traverser le deuil avec plus de légèreté : et si notre regard sur la perte d’un papa pouvait changer ?
Quand une personne « rejoint les étoiles » — expression que je trouve plus poétique que « décède » — on entend communément cette phrase :
« Toutes mes condoléances dans cette épreuve de vie DIFFICILE. »
Mais qui a décrété que cette épreuve de la vie devait nécessairement être difficile ?
Dans notre culture, la mort est très souvent associée à la souffrance, la tristesse profonde, au vide de sens, à la perte d’énergie.
Dans d’autres cultures et traditions, les rituels autour de la mort peuvent être très différents et laisser davantage de place à l’idée que l’âme poursuit son chemin.
J’ai une vision de la mort qui ne rejoint peut-être pas la majorité des croyances sur Terre.
Je crois, de manière métaphorique et spirituelle, que nous sommes constitués de poussières d’étoiles et que notre âme finie par rejoindre les étoiles — et pas seulement.
Je ne cherche pas ici à vous convaincre, mais je vous partage simplement ma vision.
Je vous partage ce qui m’aide, personnellement, à vivre cette expérience avec davantage de sérénité.
Car ce qui est réellement difficile pour moi, ce n’est pas d’imaginer que mon papa n’existe plus.
C’est le manque.
Le manque de pouvoir lui parler.
Le manque de pouvoir partager certains instants de vie avec lui.
Se préparer à la mort d’un proche : peut-on vraiment être prêt à perdre un parent ?
Je me suis beaucoup préparée au départ de mon papa.
Grâce à la visualisation, notamment.
Mais peut-on réellement être préparé à perdre un parent ?
Je ne sais pas.
J’ai toujours fait de mon mieux pour accompagner mon papa avec le sourire.
Et je peux vous dire que, parfois, c’était extrêmement difficile de voir perdre lui-même la foi.
Alors oui, avec le recul, je pense avoir commencé mon deuil avant même son envol vers le ciel.
Et ce qui m’a profondément aidée à vivre ce passage, c’est de ne pas avoir de regrets.
J’ai tout fait pour passer un maximum de temps auprès de lui et de ma maman.
J’ai tâché de lui redonner le sourire le plus souvent possible.
D’être présente.
Pour lui apporter de l’amour.
À distance, je lui envoyais régulièrement de l’énergie.
Et, croyez-moi ou non, mais ma maman me disait qu’il me sentait et me voyait dans leur maison, parfois simplement à côté de lui.
J’étais extrêmement connectée à lui.
Et aujourd’hui, alors que son corps nous a quitté, je ressens encore sa présence à travers de nombreux signes et synchronicités.
Des synchronicités qui ont parfois étonné, voire bouleversé, les autres membres de ma famille, qui ne partagent pas nécessairement mon point de vue sur les mondes invisibles.
Les synchronicités après un décès : quand certains signes prennent un sens particulier
C’est probablement l’un des aspects les plus singuliers de mon expérience du deuil.
Depuis le départ de mon papa, j’ai vécu de nombreuses synchronicités.
J’en avais déjà vécues avec d’autres personnes, mais je dois avouer qu’avec mon papa, j’en ai reçu énormément.
Pour moi, ces signes ont apporté une autre saveur à cette période.
Ils n’ont pas supprimé complètement ma tristesse. Mais l’ont allégée.
Ils ont changé mon rapport à l’absence.
Quand on ressent ou interprète certains événements comme des signes de la personne que l’on aime, il peut devenir plus facile de ressentir qu’un lien continue d’exister autrement.
C’est ma manière de vivre cette expérience.
Et cette conviction m’apporte énormément de réconfort.
Bien sûr, la tristesse et la peine sont parfois présentes.
Mais elles ne me submergent pas.
Parce que, dans ma manière de voir les choses, mon papa n’a pas simplement « disparu ».
Son corps nous a quittés, mais le lien que j’ai avec lui continue d’exister sous une autre forme.
Deuil et culpabilité : pourquoi ressent-on parfois que l’on aurait pu faire davantage ?
Il se passe quoi, une fois que l’être cher est parti ?
À quoi ressemble notre quotidien ?
Il peut y avoir de violentes variations d’humeur.
Un coup, ça va.
Et l’instant d’après, sans prévenir, ça ne va plus.
Le moral dans les chaussettes.
L’envie de ne rien faire.
De pleurer.
De crier.
Et tout ça, c’est bien normal !
Et puis, finit toujours par arriver le sentiment de culpabilité.
Tous les « deuils » que j’ai eu à vivre m’ont apporté son lot de culpabilité.
Mais je crois que c’est avec mon papa que j’en ai ressenti le moins.
Parce que j’ai fait de mon mieux avec lui.
J’ai même arrêté de travailler pour être à ses côtés. C’était mon choix.
Beaucoup d’aidants me disaient qu’ils admiraient ma dévotion et qu’ils ne se sentaient pas suffisamment forts pour vivre ce que j’ai vécu au quotidien auprès de mon papa.
Mais au-delà d’être « forte », je leur répondais :
« Pour moi, c’est naturel d’être auprès de lui. »
Et je ne voyais pas vivre les choses différemment.
Mais il faut garder à l’esprit que nous ne sommes pas tous capables — ni nécessairement disponibles — pour nous donner corps et âme aux autres, et encore plus lorsqu’il s’agit de nos parents.
Nous faisons tous de notre mieux avec les ressources que nous avons à un instant donné.
Regarder une personne que l’on aime perdre progressivement ses facultés est extrêmement difficile.
Et il faut aussi accepter ses propres limites.
Être aidant peut d’ailleurs avoir des conséquences importantes sur la santé. Selon plusieurs sources qui reprennent ce chiffre, environ 30 % des aidants décéderaient avant la personne qu’ils accompagnent.
Cela rappelle une chose importante : accompagner quelqu’un que l’on aime ne signifie pas devoir s’oublier complètement.
Prendre soin de soi n’est pas abandonner l’autre.
C’est aussi se donner les moyens de continuer à être présent.
Je ne veux d’ailleurs pas donner l’image d’une « warrior » qui aurait gardé un esprit positif pendant toute la maladie de mon papa. Car bien sûr, cela m’a énormément affectée (même au niveau de ma propre santé).
Mais si c’était à refaire, je me donnerai tout autant.
Suis-je bizarre si je me sens en paix et joyeuse pendant la cérémonie funéraire ?
Le jour de la cérémonie restera gravé dans ma mémoire à jamais.
Et cela vous paraîtra peut-être étrange, mais j’ai adoré cette journée.
Tout était magnifique.
Et je pense que la manière dont nous vivons les événements dépend aussi, en partie, du regard que nous posons sur eux.
Je ne vis pas le passage de la Vie à la mort comme tout le monde.
J’ai une relation à la mort qui est assez particulière. Car j’ai très peur (encore aujourd’hui de ma propre mort).
Mais je sais pourtant accueillir la mort de mon entourage avec beaucoup de sagesse et de douceur.
Et cela s’explique notamment par différentes expériences que j’ai vécues en accompagnant des personnes à mourrir avec beaucoup de douceur.
Certaines personnes disent que je serais une « passeuse d’âme ».
Accompagner une personne en fin de vie : mon expérience avec la mort et les mondes invisibles
Dans ma conférence « S’ouvrir aux synchronicités et aux mondes invisibles », je parle de ce lien que j’entretiens avec les mondes invisibles.
Et depuis le décès de papa, je mesure à quel point je communique avec les mondes invisibles et j’aide certaines personnes qui luttaient à mourir à franchir cette étape avec plus d’apaisement.
Par ma présence, mes mots et parfois mes mains que j’appose sur le corps de la personne, j’ai vécu des moments où celle-ci semblait ensuite partir très rapidement et avec beaucoup de douceur.
J’ai également, à travers des prières et des dessins intuitifs, accompagné dans l’autre sens des personnes plongées dans le coma, à revenir progressivement vers la Vie.
Avec mon papa je sais qu’il est parti parce qu’avec ma sœur nous lui avons parlé et lui avons donné cette autorisation.
C’est très beau, pour moi, de savoir que nous pouvons communiquer et apaiser des êtres qui semblent ne pas oser partir parce qu’ils restent pour nous.
C’est pourquoi il est important, selon moi, d’être en paix avec soi-même pour parvenir à laisser l’autre partir, plutôt que de chercher à le retenir pour soi.
C’est, je trouve, l’une des plus belles marques d’amour que l’on puisse offrir à une personne qui est sur le point de mourir.
Après un décès, que se passe-t-il ?
Les questions existentielles que le deuil peut faire émerger.
Un deuil est une expérience profonde et bouleversante.
Mais il nous touche chacun de manière unique.
Les émotions peuvent apparaître à des moments très différents.
Certaines personnes ressentiront un terrible manque quelques jours après le décès.
D’autres plusieurs mois plus tard.
Le manque du son de sa voix.
De ses étreintes.
De ses « je t’aime ».
De nos habitudes ensemble.
De ces petits détails du quotidien auxquels nous ne prêtions parfois pas attention avant.
Lorsqu’on perd un être cher ou que l’on vit une séparation, il peut être difficile d’accepter cette absence, de comprendre pourquoi cela nous arrive et de trouver un chemin pour aller de l’avant.
La vie peut alors nous sembler fade et sans saveur pendant un temps.
Et c’est souvent dans ces périodes que la mort nous ramène à notre propre existence.
À notre propre vie sur Terre.
À notre raison d’être.
À ce que nous aimons… et à ce que nous n’aimons (tolérons) plus.
À ce que nous voulons vraiment vivre, avant de nous aussi quitter cette belle planète.
Comment un deuil peut-il transformer notre rapport à la vie et à nos relations ?
La disparition d’un être cher peut nous amener à nous interroger profondément.
Quelle place voulons-nous réellement donner aux personnes qui compte pour nous ?
Quels liens souhaitons-nous conserver ?
Quels liens ne nous correspondent plus ?
Parfois, un deuil nous donne également le courage de couper certains liens avec des personnes avec lesquelles nous ne nous sentons plus en accord — voire avec des personnes que nous considérons comme toxiques — alors que nous n’arrivions pas, jusque-là, à nous résoudre à tourner la page.
Ces grandes prises de conscience peuvent nous faire bouger intérieurement.
Elles peuvent également modifier les relations au sein d’une famille.
On parle alors de changement systémique : lorsqu’un événement vient bouleverser notre relation avec une personne, il peut également faire évoluer l’ensemble du système auquel elle appartient.
C’est notamment pour cette raison que les relations familiales peuvent évoluer après un décès.
Des querelles peuvent émerger.
Ou au contraire, des rapprochements peuvent naître.
Et c’est pourquoi certaines personnes qui n’osaient pas s’affirmer ou prendre leur place jusqu’à présent ressentent alors soudainement le besoin de le faire une fois la personne partie.
Faire son deuil : pourquoi parler de ce que l’on ressent peut aider
Pour moi, « faire son deuil » passe aussi par le fait de parler.
D’échanger.
De se sentir moins seul.
De se sentir compris.
De pouvoir mettre des mots sur ce qui est parfois très difficile à exprimer.
J’ai d’ailleurs réalisé une vidéo dans laquelle je partage un certain nombre de questions, de réflexions et ma vision pour mieux vivre son deuil, après avoir vécu quatre deuils en quelques mois, deux années auparavant.
Beaucoup d’entre vous vous êtes reconnus dans cette vidéo et m’avez dit qu’elle vous avait aidés dans votre cheminement.
C’est pourquoi je vous rends accessible la vidéo : «Comment surmonter un deuil ? Conseils pour avancer», juste ici :
Comment traverser un deuil sans se précipiter pour aller mieux ?
Il est important de garder à l’esprit que cette douleur, cette peine que vous ressentez, même lorsqu’elle est intense, ne restera pas aussi forte pour toujours.
Le temps et un accompagnement adapté peuvent être de précieux alliés.
Accordez-vous du temps.
Autorisez-vous à ressentir vos émotions.
Laissez-les s’exprimer sans chercher à tout précipiter.
Si vous ressentez une fatigue intense, c’est également normal dans une période aussi bouleversante.
Alors, ne vous surchargez pas davantage. Ecoutez votre corps.
Rien ne sert de fuir votre douleur en vous abreuvant d’activités pour penser à autre chose, surtout si votre corps vous rappelle ensuite que vous avez besoin de repos.
Soyez doux avec vous-même.
Il n’est pas nécessaire de vous précipiter.
Et de retrouver progressivement davantage de paix et de sérénité.
Prenez le temps d’écrire ce que vous ressentez.
Votre colère.
Votre tristesse.
Votre sentiment d’injustice.
Votre culpabilité.
Tout cela a le droit d’exister.
Écrire peut permettre de déposer ce qui tourne en boucle dans votre tête et de donner une place à ce qui demande simplement à être entendu. Et c’est un exercice que je pratique aussi.
Faire le deuil d’une relation : quand un accompagnement peut-il vous aider ?
Si malgré ces quelques conseils et cette lecture, vous sentez que quelque chose reste bloqué, sachez qu’il existe également des accompagnements qui peuvent vous aider à traverser cette période avec davantage de douceur.
Il y en a notamment un que je recommande particulièrement : le protocole qui se nomme « Faire le deuil de la relation ».
Je l’ai testé personnellement et je le propose aujourd’hui dans mes accompagnements, car il m’a réellement aidée à me sentir libérée d’un poids.
Pourquoi est-il parfois si difficile de demander de l’aide après un deuil ?
Nous avons souvent une appréhension avant d’aller consulter un thérapeute, un coach, un psychologue ou tout autre professionnel de l’accompagnement dans cette période car cela nous renvoie à une réalité encore trop difficile.
Et puis, on se dit que le temps aidera à guérir nos blessures et que si d’autres y sont arrivés, alors pourquoi pas nous (merci notre égo).
Personnellement, j’ai pu, avoir tendance à me poser tout un tas de questions avant d’aller consulter.
Avec le recul, je comprends que ces questions traduisaient notamment un besoin de contrôle et un manque de confiance en moi à cette époque (et beaucoup de peurs).
Alors, je vous les partage afin que vous puissiez les observer… et peut-être les mettre de côté pour mettre au profit votre bien-être en priorité.
« Qu’est-ce que je vais lui dire ? »
« Par où vais-je commencer ? »
« J’ai trop de sujets à aborder avec lui. »
« Et si j’oublie de lui parler de ce détail, la séance ne sera pas efficace ? »
« Non, mais je ne vais quand même pas arriver avec ma to-do list ! » (C’est pourtant ce que je fais et je vous le recommande car cela permet d’avoir une énorme charge mentale en moins).
« Est-ce qu’il va vraiment comprendre mon problème ? »
« Pourra-t-il vraiment m’aider à le résoudre ? »
Si vous vous reconnaissez dans ces questions, rassurez-vous : elles sont tout à fait légitimes.
Car nous avons besoin d’être rassurés.
De savoir que cela va fonctionner à 2000 %.
Et c’est justement cette appréhension de l’inconnu qui peut parfois nous empêcher de faire le premier pas.
Notre cerveau a tendance à privilégier ce qu’il connaît déjà, même lorsque nous savons consciemment qu’une autre voie pourrait nous faire du bien.
Changer implique de sortir de ce qui nous est familier.
Et l’inconnu peut être déstabilisant.
C’est pour cette raison que je félicite particulièrement mes clients lorsqu’ils font ce premier pas et décident de me faire confiance.
Parce que je sais que cela demande du courage.
Je le sais trop bien.
Le changement commence-t-il avant même de se faire accompagner ?
Pour moi, le changement (et en l’occurrence le deuil) s’opère bien avant la démarche de se faire accompagner.
Il commence au moment où on se dit :
« Je ne peux plus continuer comme ça. Ca devient trop dure ! »
À cet instant, l’esprit s’est déjà préparé au changement.
Puis le corps se met progressivement en mouvement.
Et la suite peut alors se faire plus naturellement, avec un accompagnement adapté.
Et si votre façon de vivre le deuil vous appartenez ?
Je suis convaincue d’une chose : lorsque nous faisons de notre mieux, que nous entretenons des relations aussi saines que possible avec notre entourage et que nous essayons de vivre avec davantage de présence et de conscience, nous pouvons alors traverser la perte d’un proche avec davantage de sérénité.
Non pas parce que nous souffrons moins.
Mais peut-être parce que nous avons moins de regrets.
Moins de choses non dites.
Moins de « j’aurais dû ».
Et davantage de souvenirs de moments réellement vécus ensemble.
C’est finalement ce que la maladie de mon papa m’a appris.
Ne pas attendre de perdre quelqu’un pour lui dire que vous l’aimez.
Ne pas attendre demain pour passer du temps avec les personnes qui comptent.
Ne pas attendre une séparation pour exprimer ce que vous ressentez.
Et peut-être surtout…
Ne pas attendre que la vie vous rappelle qu’elle est précieuse pour commencer à la vivre pleinement.
Le deuil, ce n’est pas seulement apprendre à vivre avec l’absence, le manque, les émotions, etc…
C’est continuer de vivre pleinement avec ceux qui sont encore là.
En résumer, voici 5 conseils à retenir pour « mieux vivre votre deuil »
1. Ne cherchez pas à vivre votre deuil « correctement »
Votre façon de réagir vous appartient.
2. Autorisez-vous à ressentir des émotions contradictoires
Vous pouvez être triste le matin et rire quelques heures plus tard.
3. Parlez de la personne disparue (et parlez à lui aussi)
Ne laissez pas la peur de déranger les autres vous empêcher d’évoquer son prénom ou vos souvenirs.
4. Prenez soin de vous sans culpabiliser
Vous reposer, sortir, rire, prendre du plaisir ne signifie pas que vous oubliez la personne.
5. Demandez-vous ce que cette perte vient réveiller en vous.
Pas pour chercher immédiatement « le positif » après la mort, mais pour écouter ce que cette expérience transforme dans votre propre vie.
J’espère de tout mon coeur que cet article vous aura permis de trouver un espace pour que vous puissiez découvrir comment vivre le « deuil » à votre manière. Celle qui est la plus douce et juste pour vous.
Merci pour votre attention.
Et paix à toutes les âmes que vous chérissez.